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Issue
Ann. For. Sci.
Volume 52, Number 4, 1995
Page(s) 353 - 364
DOI http://dx.doi.org/10.1051/forest:19950405
Ann. For. Sci. 52 (1995) 353-364
DOI: 10.1051/forest:19950405

Modélisation du niveau trophique des sols forestiers : évaluation du pH en fonction des groupements phytosociologiques

M de Tillesse and F Devillez

Université catholique de Louvain, unité des eaux et forêts, place Croix-du-Sud, 2, bte 9, B-1348 Louvain-la-Neuve, Belgique

Résumé - La régénération des peuplements forestiers pose toujours au sylviculteur un premier problème, celui du choix des essences à privilégier ou à installer. Les critères de choix se sont précisés ces dernières décennies. Mais il reste la lourde tâche d'évaluer l'aptitude stationnelle. En ce qui concerne le niveau trophique des sols, le pH est une variable explicative d'une certaine importance. C'est aussi le casse-tête des pédologues quand il s'agit de le cartographier. La recherche d'une covariante telle que la végétation permet de résoudre le problème. Deux sources de données ont été utilisées. La première utilise des résultats d'expériences effectuées par NoirfaliseE (1984) sur le territoire belge. La deuxième a consisté à refaire, pour la Fagne de Chimay, une campagne de mesures de pH. Les 2 voies suivies présentent une gradation logique des pH avec les niveaux trophiques attendus pour les différents groupements phytosociologiques. Les mesures de terrain font état d'une faible variation des pH au sein de types trophiques. Les coefficients de variation calculés restent inférieurs ou égaux à 5%, ce qui est remarquable. En fin de compte, la phytosociologie nous permet de troquer la technique d'échantillonnage systématique, à taux de sondage élevé, contre celle de l'échantillonnage stratifié à taux de sondage réduit.


Abstract - Modelling of trophic levels in forest soils using phytosociology. The initial problem regarding the regeneration of forest stands faced by forestry experts is the choice of species to privilege or to be brought in. Now, the criteria are well known, but the task of evaluating site capacity remains. Soil pH is one of the best components to characterize trophic levels, but it is very difficult to map. Vegetation may solve the problem. Two methods were used. The first employed results of experiments carried out by Noirfalise (1984) in Belgium (tables II, III and IV), and the second consisted of resurvey of the pH measurements at La Fagne in Chimay (tables V, VI and VII). Both methods showed a logical pH gradation related to the trophic levels expected for the phytosiological groups (fig 2). Field measurements showed a low pH variation between trophic types. Variation coefficients remained inferior or equal to 5%, which was significant. We suggest that phytosociology may be used to replace high intensity systematic sampling by low intensity stratified sampling.


Key words: pH / forest soil / phytosociology / modelling / site index

Mots clés : pH / sol forestier / phytosociologie / modélisation / aptitude stationnelle